Conclusion et bibliographie sélective

A partir du milieu du 11ème siècle, la Reconquista et le pèlerinage de Compostelle ont draîné des Bretons sur les routes d’Aquitaine et d’Espagne. Le culte de saint Jacques a connu une véritable ferveur en Bretagne au cours du 12ème siècle. Par ailleurs, les milieux britonniques insulaires et continentaux - y compris dans le sud de la Gaule et en Galice même, avec l’évêché de Britonia - semblent avoir joué un rôle plus important que celui qu’on leur attribue habituellement dans le collectage, la compilation et la transmission des premières sources concernant la prédication de saint Jacques en Espagne et la Translation de ses reliques de Palestine en Espagne. La toponymie et l’anthroponymie montrent que des liens ont perduré entre la Galice et le monde britonnique tout au long du Moyen Âge. Aux 11ème et 12ème siècles, empruntant les voies maritimes et terrestres qu’ils connaissaient de longue date, les pèlerins bretons ont cotoyé, durant leur périple vers Compostelle, Aquitains, Gascons, Normands et Bourguignons. Le pèlerinage de Compostelle a contribué à renforcer les contacts existants entre ces différents peuples et a favorisé les échanges culturels et artistiques entre le Sud et le Nord.

 

Arastagnus, Salomon et Hoël sont les trois principaux héros bretons récurrents de l’épopée occitane. Tous trois sont liés d’une façon ou d’une autre à la maison de Cornouaille. Hoël fut le premier duc de Bretagne issu de la maison de Cornouaille, la mémoire de Salomon a été ravivée par les princes cornouaillais et Arastagnus, s’il est avatar de Drustagnus/Tristan, est lui originaire de cette partie de la Bretagne. Ce n’est pas l’œuvre de Geoffroi de Monmouth qui a fait entrer ces personnages dans l’épopée romane, mais plutôt l’effet de la propagande cornouaillaise dans le domaine littéraire. Si Salomon et Hoël figurent dans bon nombre de chansons de geste, ce n’est pas le cas d’Arastagnus, dont l’activité reste circonscrite aux textes dérivant de la tradition du Pseudo-Turpin ou s’y rattachant. Sa présence est d’ailleurs un bon marqueur de l’épopée occitane et, contrairement à Salomon et Hoël, il a été adopté par les troubadours. 

Bibliographie