Salomon de Bretagne

Salomon est un personnage historique qui fut roi de Bretagne au 9ème siècle. Il est devenu un héros épique et  apparaît dans une trentaine de chansons de geste. Il occupe un rôle de premier plan dans la Chanson des Saisnes de Jean Bodel. Dans la Chronique du Pseudo-Turpin, il est associé à Estout, comte de Langres : « Salomon, socius Estulti », et ce compagnonnage se poursuit au-delà de la mort, puisqu’ils sont enterrés tous deux au cimetière des Alyscamps. On notera que Salomon, cité deux fois dans le Pseudo-Turpin, n’y est jamais qualifié, ni de Breton, ni de roi de Bretagne, ce titre étant réservé à Arastagnus. La Chronique saintongeaise, dans une interpolation au Pseudo-Turpin, donne à Salomon une origine bretonne. Il est enterré à Saint-Seurin de Bordeaux, seul, et dans un endroit bien précis : « Salomonz de Bretagnie devant lo piler vermeil quant hom descent on sepocre, e joste lui. » Mais l’interpolateur conserve tout de même le passage du Pseudo-Turpin qui envoie Salomon au cimetière des Alyscamps avec son compagnon Estout. Les Gesta Karoli donnent Salamon de Britania comme frère à Torestagnus. Lors de la bataille de Narbonne, après avoir frappé le païen Borrel et l’avoir jeté à bas de son cheval, il lutte contre le Sarrasin Gortanum qu’il occit. La chanson de geste occitane Ronsasvals fait de Salamo de Bretanha un baron, « lo bier », puis un comte , avant de décrire son duel contre le champion païen Falsabroni : 

Per miey la pryeissa Salom es intratz,

coms de Bretanha, valens homs en honratz,

un destrier mena que fon d’Espanha natz,

anc cavallier non fon ayssi armatz.

Venc Falsabroni que fon de l’autre latz,

bon de batalha e ben encavalcat,

fier Salamon sus l’escut qu’es brodat,

l’escut li trenca e l’alberc li desclaus, 

per miey lo cor li fon l’espieu intratz,

mort lo trabuca, don ha l’arson vujat.

le comte de Bretagne, un homme vaillant et noble,

il guide un destrier de race espagnole,

jamais un chevalier n’a eu de telles armes.

Falsabroni, qui était de l’autre côté, s’avance,

brave à la bataille, sur sa bonne monture,

il frappe Salomon sur son écu ourlé,

il lui tranche l’écu et lui déchire le haubert,

l’épieu lui est entré en plein cœur,

il l’abat mort en lui faisant vider les arçons.